Le rapport au temps

 
 

Suite à cet article-ci, j’ai eu envie de développer davantage le sujet. Vous le verrez assez vite, ce thème me passionne. Il me passionne parce qu’il est la clé de beaucoup de choses et en particulier de notre envie de persévérer en couture.

Coudre, c’est avant tout, résoudre des problèmes!

Parce que, je vais être honnête : si la couture est le plus merveilleux des hobby, il peut aussi être source de sévères frustrations. Mon but est de rendre accessible la couture, de vous fournir des patrons simples, des explications claires, des techniques de base reproductibles, reste que, malgré tout, vous aurez votre lot de frustrations, malgré tous mes efforts, malgré tous vos efforts.

Il en va ainsi. Quand on coud, on résout des problèmes, on répond à des questions. “Pourquoi le fil casse, pourquoi il fait ce petit tas de boucles et de noeuds au début? Comment réussir à couper ce tissu droit? Quel fil choisir? Comment poser une fermeture éclair?….”

Seule face à votre machine, ça ne se passera pas toujours comme dans un tuto. Et c’est ok! Ça arrive! Ça m’arrive tout le temps. Ca n’a rien à voir avec vous et tout à voir avec le processus d’apprentissage.

Il y a un facteur pourtant sur lequel vous pouvez apprendre à jouer : le facteur temps!

Sachez bien que ces mots, je les écris pour moi avant tout. Je suis une impatiente. Je suis la première qui gâche des heures de travail, parce que “je veux vite finir cette robe” et je rate complètement l’ourlet. Sérieusement. Cela m’arrive, encore et encore. Tellement que cela m’a poussé à repenser ma façon de fonctionner.

J’ai pris conscience que bien trop souvent, je voulais finir avant d’avoir commencer. Par conséquent, tout obstacle entre maintenant et la réalisation de mon projet va m’énerver! Dans ces conditions, je ne me placepas en position de curiosité et d’apprentissage. Non, je me bloque. Je m’énerve, je bâcle, je “gogne” comme on dit dans mon coin de pays.

Se donner du temps

  • Me donner du temps, c’est goûter et embrasser le processus.

  • Ça signifie que je ne couds pas dans l’idée “de mettre ma robe demain pour aller au travail”. Non. Je couds cette robe et ça prendre la temps qui sera nécessaire. L’important n’est pas tant dans la robe (même si, oui, forcément, c’est cool), mais plus dans l’apprentissage.

  • Je me répète tout cela comme un mantra : “Je prends le temps, je prends le temps….”

  • J’enclenche le bouton “Vitesse réduite de moitié” sur ma machine à coudre.

  • J’essaie plutôt de raisonner en terme de : “je couds pendant une heure et demie - je verrai les progrès réalisés”, plutôt que “je fais cette robe”.

Je pense sincèrement que cette petite chose, ce petit changement, ce presque rien dans l’état d’esprit peut faire de grande chose. Juste ça : je me donne du temps. Je lâche la pression, je me donne le droit de ne pas savoir, je me donne le temps d’apprendre, je profite du processus et je lâche un peu l’attente de résultat. Et paradoxalement, je me donne plus de chance d’être satisfaite. C’est tentant, non?

Alors, rappelez-vous, c’est peut-être le meilleur conseil que vous trouverez ici :

Je me donne du temps!

 
 
EspritMireille Marchand